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Il existe des milliers de variétés d’oiseaux en Bretagne, terre de prédilection pour les oiseaux qu’ils soient sédentaires, nicheurs, endémiques ou migrateurs.  
 
Nous allons découvrir, dans un premier temps, une partie des oiseaux marins les plus couramment observés le long du littoral breton.  
 
 
 
Le premier qui vient à l’esprit est, le
goéland argenté , souvent appelé à tord
« mouette »
.  
 
 
 
En fait
le goéland argenté , « Larus argentatus », a le dos et le dessus des ailes gris clair et les pattes rose chair. L'envergure est de 1,40 mètre environ.
Il fréquente typiquement les îles, îlots et côtes rocheuses, mais il a progressivement occupé d'autres types de milieux, comme les dunes ou les carrières dans certaines régions, ou les toits des immeubles en ville.  
 
 
 
Omnivore et opportuniste, l'espèce se nourrit aussi bien sur le littoral (coquillages, crabes, étoiles de mer, déchets de poissons ou autres) que plus à l'intérieur des terres (vers de terre sur les labours ou déchets divers sur les décharges, et même des fraises à Plougastel !).
Le goéland argenté est également un prédateur, s'attaquant aux œufs et poussins de ses congénères et d'autres espèces (Mouette tridactyle, sternes, limicoles, etc.), et plus rarement aux adultes (Océanite tempête).  
 
Le goéland brun  
 
 
 
D'une taille similaire à celle du Goéland argenté,
le goéland brun , « Larus fuscus », s'en distingue par le dos et le dessus des ailes gris-noir et les pattes jaunes. Les jeunes oiseaux, au plumage gris-brunâtre, sont par contre plus difficilement discernables.  
 
 
 
Le goéland brun affectionne tout particulièrement les îlots bas, recouverts d'une végétation assez haute. Il en occupe généralement les zones centrales, laissant la périphérie au Goéland argenté.  
 
Il s'installe plus occasionnellement en falaise ou sur des îlots strictement rocheux. Enfin, d'importantes colonies se sont implantées sur des pelouses et des landes littorales à Belle-Île (Morbihan). Contrairement aux Goélands argenté et marin,
le goéland brun est un grand migrateur.  
 
Les oiseaux des populations occidentales se dispersent principalement sur le littoral de la Manche, du golfe de Gascogne, atteignant les côtes du nord-ouest de l'Afrique. Ce sont plusieurs milliers d'individus qui transitent et stationnent plus ou moins longtemps sur le littoral de la baie d'Audierne (Finistère sud) lors de la migration post-nuptiale.  
 
Son régime alimentaire se rapproche de celui du Goéland argenté, mais il s'éloigne souvent un peu plus loin que lui en mer pour se nourrir et fréquente moins les décharges. Les rejets de pêche constituent une part importante de son alimentation.  
 
Le goéland marin  
 
Plus grand et d'allure plus massive que les autres goélands (1,60 mètres d'envergure),
le goéland marin
, « Larus marinus », a le dos et le dessus des ailes noir uniforme et des pattes rose chair comme celles du Goéland argenté.  
 
 
 
Le goéland marin
préfère généralement les points dominants pour construire son nid, sommets des îles et îlots, pitons rocheux sur la côte, etc. Autrefois plutôt solitaire en période de reproduction, il forme aujourd'hui d'imposantes colonies de plusieurs dizaines ou centaines de couples.  
 
 
 
Les adultes peuvent être considérés comme sédentaires, ne s'éloignant guère de leur colonie en période internuptiale. Ils commencent à se cantonner sur les sites de reproduction dès décembre-janvier. Les plus jeunes individus tendent par contre à se disperser vers le sud.  
 
C'est le plus marin des goélands de nos côtes, et il peut aller s'alimenter à plusieurs dizaines de kilomètres des terres. Il se nourrit également des rejets des bateaux de pêche. C'est enfin un redoutable prédateur, prélevant œufs, poussins et jeunes d'autres espèces, allant même parfois jusqu'à s'attaquer à des Cormorans huppés, et capturant chaque année plusieurs centaines d'Océanites tempête lors de leur venue nocturne à terre sur les colonies de l'archipel de Molène (Finistère).  
 
Les plus gros oiseaux (jeunes cormorans et Goélands bruns ou argentés) sont capturés sur l'eau par les Goélands marins puis noyés, avant d'être partiellement consommés.  
 
La mouette rieuse  
 
 
 
De la taille d'un pigeon, avec des ailes gris perle et le dessous des pattes blanc.
La tête noire (vue de près, elle ressemble à une calotte brune) ne se retrouve que chez les adultes. En livrée hivernale, sa tête est blanche avec une tache noirâtre près de l'œil chez les adultes, le dessus tacheté de brun et la queue barrée de noir chez les immatures.
Les extrémités des ailes sont noires. Les pattes sont oranges ou rouge-orangé ; le bec est rouge avec des points foncés.  
 
 
 
La mouette rieuse est un oiseau sociable qui se rencontre généralement en troupe nombreuse. Elle est devenue une figure habituelle des paysages urbains et ruraux, grâce à son habileté à vivre à côté des hommes.
Bien qu'on puisse la voir toute l'année au bord de la mer, la mouette rieuse niche surtout à l'intérieur des terres, dans les dunes, sur les bancs de sable, dans les îles, sur les lacs et les plages de galets et passe l'hiver en bande dans la campagne et près des villes où elle fréquente les tas d'ordures et les pelouses des parcs.  
 
Elle passe la nuit sur les plans d'eau. En France, la majorité des colonies de nidification se trouvent dans les régions riches en étangs (Sologne, Brenne, Dombes). C'est depuis la fin du siècle dernier que cet oiseau se rapproche de l'homme.  
 
En hiver, les mouettes pénètrent dans les villes, à proximité de l'eau et acceptent la nourriture sur les balcons en faisant preuve d'un comportement très peu farouche. Très bruyante, la mouette se caractérise par un cri rauque. En dispute avec des congénères, elle pousse un cri aigu.  
 
La mouette tridactyle  
 
 
 
Contrairement aux goélands, dont elle se distingue également par la taille inférieure (1 mètre d'envergure environ),
la mouette tridactyle , « Rissa tridactyla », a l'extrémité des ailes quasiment noir et uniforme (sans tache blanche nette). Le dos est gris, les parties inférieures blanches, les pattes généralement noires, et le bec jaunâtre.  
 
La mouette tridactyle s'installe dans des falaises escarpées du littoral breton. Elle construit son nid, amoncellement parfois volumineux de fragments végétaux et de terre cimenté par les fientes, sur d'étroites corniches. Elle y côtoie souvent le Cormoran huppé et localement le Goéland argenté, le Fulmar boréal ou le Guillemot de Troïl.  
 
 
 
En Bretagne, l'espèce n'a pas colonisé de structure artificielle (phare, jetée ou bâtiment), comme c'est le cas dans d'autres régions de France ou dans d'autres pays.
La mouette tridactyle est principalement piscivore et s'alimente dans un rayon de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres autour des colonies.  
 
L'espèce est pélagique et, en période internuptiale, la majorité des oiseaux se dispersent sur l'Atlantique nord, d'autres hivernants également en Méditerranée occidentale. Certains individus, les plus jeunes notamment, peuvent atteindre les côtes occidentales du Groenland ; c'est le cas de quelques oiseaux originaires du cap Sizun (Finistère).  
 
Le fou de Bassan  
 
 
 
Le fou de Bassan , « Morrus bassanus », avec ses 1,70 m d'envergure, est le plus grand des oiseaux de mer de nos côtes. Son corps allongé et ses longues ailes lui donnent une allure caractéristique. Les adultes ont un plumage blanc, avec l'extrémité des ailes noires et une tête jaunâtre. Les jeunes de l'année ont un plumage brun foncé uniforme, et acquièrent progressivement leur livrée adulte durant leurs quatre premières années.  
 
Aux Sept-Îles (Côtes d'Armor),
Les fous de Bassan sont de retour sur la colonie à la fin du mois de janvier. Les oiseaux construisent un nid volumineux, et les pontes s'étalent de la fin février à la fin juin, la date moyenne se situant dans la deuxième décade d'avril.  
 
 
 
Les adultes sont des migrateurs partiels, hivernant soit à proximité des colonies soit dans le golfe de Gascogne, occasionnellement en Méditerranée. Les plus jeunes se déplacent sur de plus grandes distances, se dispersant en Atlantique nord ou atteignant au sud les côtes d'Afrique occidentale. Un individu bagué comme poussin aux Sept-Îles en juin 1989 a ainsi été retrouvé mort en octobre de la même année en Algérie.  
 
Le fou de Bassan s'alimente principalement dans les eaux du plateau continental, où il capture diverses espèces de poissons et de céphalopodes, exploitant également les rejets des bateaux de pêche. Les reproducteurs peuvent parcourir plus d'une centaine de kilomètres pour trouver de la nourriture.  
 
La Sterne naine  
 
 
 
La Sterne naine présente une distribution mondiale large mais discontinue, dans les régions tempérées et tropicales d'Eurasie et d'Afrique, avec 44 000 à 130 000 couples dont 20 000 environ en Europe. En France, les effectifs sont principalement concentrés sur le cours de la Loire et sur le littoral méditerranéen.  
 
Faute de données anciennes, l'historique des
Sternes naines sur le littoral français de la Manche et de l'Atlantique est impossible à retracer. La prospection du littoral breton par les ornithologues à partir des années 1950 permet de retrouver l'espèce dans le Finistère, mais il faut attendre le milieu des années 1960 pour disposer de données exhaustives au niveau régional.  
 
 
 
Actuellement, il existe deux sites réguliers de reproduction sur le littoral breton : le sillon du Talbert (Côtes d'Armor ; où l'espèce s'est installée en 1982) et Béniguet (archipel de Molène, Finistère ; où la reproduction est connue depuis les années 1950).
En 2004, l'espèce a disparu de l'île de Sein (Finistère) où elle se reproduisait depuis 1992 au moins. Autrefois importante, la colonie de Trévoc'h (Finistère) a été désertée par
Les Sternes naines au début des années 1980. La situation globale peut être considérée comme relativement stable depuis la fin des années 1960, avec une cinquantaine de couples sur le littoral breton.  
 
Le grand cormoran  
 
 
 
Le grand cormoran « Phalacrocorax carbo », avec 1,50 m d'envergure, est plus grand et plus massif que le Cormoran huppé. En période de reproduction, il s'en distingue en outre par une gorge blanche et une tache blanche caractéristique en haut des cuisses. Le reste du plumage est noir. Les jeunes individus montrent des parties inférieures plus claires et un plumage plus brun que les adultes.  
 
Les données sur la reproduction de l'espèce en Bretagne restent encore peu nombreuses. Les oiseaux se regroupent en colonies en décembre ou janvier.  
 
 
 
En période internuptiale, la dispersion des
grands cormorans est principalement orientée vers le sud, mais varie selon les colonies d'origine. Si certains oiseaux sont plutôt sédentaires, d'autres sont capables de parcourir de grandes distances. Les eaux côtières de Bretagne sud, et notamment du Morbihan, accueillent en hiver des oiseaux principalement originaires des colonies littorales irlandaises, britanniques et normandes.  
 
Essentiellement piscivore, mais à large spectre alimentaire,
le grand cormoran capture ses proies en eaux peu profondes (moins de 10 mètres), dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour des colonies. Sur les côtes bretonnes, les mulets, les vieilles, les jeunes poissons plats et les anguilles constituent une part prépondérante de son alimentation.